Interview : Aissatou Bily Sow « je demande à tous les pays africains, d’associer les femmes dans le processus de la lutte contre le réchauffement climatique ».

by Kolazine / il y a 101 mois / 0 Commentaires
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Mme Aissatou Bily Sow, est une chercheuse guinéenne en Energie, environnement et genre. Elle est même temps, Présidente de l’Association guinéenne pour la promotion des énergies renouvelables (AGUIPER), qui est membre de la PCUD (LA plateforme des citoyens unis pour le développement).
On l’a rencontrée à la COP21 à Paris. Dans un entretien qu’elle nous a accordé, la Dame Aissatou Bily Sow nous parle de l’intérêt qu’elle trouve à la COP21, de la participation de la Guinée à cette conférence, mais aussi de l’implication des femmes dans le processus de la lutte contre le réchauffement climatique. Lisez.

chercheur en énergie, environnement et genre
, présidente de l’Association guinéenne pour la promotion des énergies renouvelables (AGUIPER), membre de la PCUD (LA plateforme des citoyens unis pour le développement).
Vous êtes au village de la cop21 depuis l’ouverture, quelle lecture faites vous de l’organisation ?
En tant qu’habituée aux COP, je peux dire l’organisation en général est bonne. Il y’a une bonne facilité de circulation et beaucoup de choses sont à voir. Par rapport aux conférences aux quelles j’ai assistées, je me rends compte de plus en plus qu’il y’a des avancées par rapport au climat.
J’ai participé par exemple à la conférence sur la nutrition liée au changement climatique qui m’a donné beaucoup d’idées. C’est là que je me suis rendue compte qu’on n’est obligé de tenir compte du changement climatique pour avoir aujourd’hui ce qui a lieu de faire par rapport à la nutrition, par rapport au gaspillage des aliments et par rapport à la sécurité alimentaire. Il y’a vraiment des avancées. Même, par rapport à l’amélioration des habitats que nous avons, il y’a beaucoup de choses à faire dans ce domaine.
Au vue de tout ça, Je me suis même rendu compte qu’on n’est obligé de revoir le curricula de notre enseignements. Il y’a des nouvelles matières qui apparaissent on n’est obligé de s’adapter.
Que pensez-vous de la participation de la délégation guinéenne à la Cop21?
Je peux dire qu’elle est assez faible. Même si les stands coutes excessivement chers, on n’aurait pu quand-même contacter des bailleurs qui sont en Guinée et pour voir comment ces gens là pourraient nous aider à avoir un stand. Je ne suis pas du ministère de l’Environnement, peut être que ce département l’avait tenté.
La Guinée pouvait quand-même contribuer beaucoup plus par rapport à ce qu’elle apporte aujourd’hui. On n’a assez de potentialités, on pouvait profiter de cette conférence pour montrer aux gens ce qu’on n’a comme forets, comme cours d’eaux. Parce que ces éléments occupent une grande place dans le changement climatique.
Est-ce que par rapport au déroulement de cette cop21, l’espoir est permis par rapport à une issue favorable de la conférence pour la Guinée ?
C’est évident, la Guinée à tous les atouts. C’est un pays forestier, c’est un pays qui abrite i au moins, 14 sources de cours d’eau de l’Afrique de l’ouest. C’est ou on n’aide la Guinée à s’adapter au changement climatique pour que toute la sous région de l’Afrique de l’ouest survive, ou on n’aide pas la Guinée à s’adapter, en ce moment là on va tous périr. Même s’il est indéniable que les pays voisins et nous même, sommes obligés à fournir d’effort pour ne pas que les 130 millions d’âmes qui habitent cette partie, périssent avec le climat.
La COP21 c’est aussi un rendez-vous de partage et d’échange, est que vous avez acquiert quelques nouvelles connaissances qui pourraient vous servir en Guinée ?
C’est comme d’habitude. Franchement j’ai eu assez de contacts, Je peux dire qu’il y’a beaucoup d’espoir. J’ai eu des contacts avec des ONG qui sont prêtes à travailler avec nous, avec la PECUD. Aussi des chercheurs même qui sont prêts à venir en Guinée, des professeurs aussi qui sont prêts à venir animer des conférences.
On s’intéresse aux gens qui s’intéressent aux questions du climat et l’agriculture et dans le domaine de l’Habitat aussi. Personnellement, j’ai eu à interpeller beaucoup de gens dans ce domaine là. Il n’y a pas de choses à faire, dans le domaine de l’agriculture plus particulièrement, les questions de l’énergie verte et les équipements météorologiques pour aider les petits paysans, à connaitre à quel moment il faut faire les semis etc.…
En tant chercheur est ce que vous vous êtes intéressées aux déchets aussi ?
Pour ce qui est des déchets, c’est vraiment mon domaine. J’ai fait mon DEA en énergétique et environnement. Et ma thèse a porté sur les déchets de la décharge de Conakry, c’est un sujet que je maitrise. Le problème ce n’est pas à ce niveau, la technologie est là, il suffit juste de vouloir quelque chose et qu’on le fasse. Mais les déchets de Conakry, c’est un autre problème, c'est-à-dire il y’a beaucoup de gens qui veulent gérer ça. Tout le monde sait que dans le monde, le déchet c’est de l’argent.
Est-ce que vous avez contacté certains partenaires à la COP 21 par rapport au recyclage des déchets ?
Non, parce que c’est quelque chose que j’ai eu à déjà faire. Mais je sais qu’il y’a tous les jours des technologies innovantes dans ce domaine. Il faut qu’il ait une vraie volonté politique pour qu’on puisse régler le problème des déchets, si non, on ne pourra pas.
Quels conseils aux différents pays participants à cette cop21 en vue de la réduction du réchauffement climatique, comme c’est l’objectif principal ?
Je demanderai à tout un chacun notamment aux pays africains, d’associer les femmes dans le processus de la lutte contre le réchauffement climatique. Parce qu’en cas de réchauffement climatique, elles sont les premières victimes. Il faut qu’on les informe, qu’elles sachent ce que c’est. Il faut qu’on les aide à améliorer les technologies qu’elles utilisent, pour ne pas augmenter le réchauffement climatique. Aussi, leur demander de faire bénéficier tout le monde, des pratiques traditionnelles qu’elles ont en matière de conservation, d’alimentation et tout ce qu’elles peuvent donner. En tout cas, il faut les mettre au devant de la chose, si non dans nos pays on ne pourra pas faire grand chose.
Vous avez quelque chose à ajouter ?
Je demande à tout le monde, à tous les jeunes, plus particulièrement aux jeunes guinéens, à s’intéresser d’avantage aux questions d’environnement. A opter pour les filières qui mènent à l’environnement. Il y’a beaucoup de choses qu’ils peuvent faire dans ce domaine là, qu’ils fassent attention à ce qui se passent autour d’eux et qu’ils aient des initiatives leur permettant de faire avancer les choses.
Entretien réalisé par BAH Mamadou Samba depuis Paris







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